Un chien rapide ou lent ? Regardez ses oreilles

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La longueur et l’attache des oreilles d’un Chien d’Artois ne sont pas seulement une question esthétique. Elles seraient aussi un indicateur de vitesse. Une théorie ancienne, validée par des observateurs d’exception, qui mérite qu’on s’y arrête.

Il existe dans le monde des chiens courants une théorie qui fait sourire les uns et convainc les autres : la forme et la longueur des oreilles d’un chien auraient un lien direct avec sa vitesse de chasse. Cette idée n’est pas récente. Elle est défendue par des observateurs de terrain d’une crédibilité difficile à contester.

Le principe : oreilles courtes, chien rapide

L’idée est simple. Plus un chien courant a les oreilles longues, plus il aura tendance à être lent. À l’inverse, si ses oreilles sont courtes et attachées haut sur le crane, il sera rapide. C’est Marcel Saint Jean, auteur de référence en matière de chiens courants, qui pose cette thèse dans son dernier ouvrage avec preuves et justifications à l’appui.

La relation entre la morphologie de l’oreille et la vitesse serait d’ordre physiologique et comportemental. Les oreilles longues modifieraient l’équilibre global de la tête, la façon dont les ondes olfactives sont captées, et peut-être plus profondément encore certains mécanismes de fonctionnement cérébral. La théorie reste discutée, mais elle est portée par des décennies d’observation de terrain.

Ce que disaient les anciens

Ce n’est pas une idée moderne. En 1951, Paul Daubigné écrivait dans le Chasseur Français : « les grands et vieux chasseurs d’antan savaient bien ce qu’ils faisaient lorsque, pour des chiens de chasse à courre alliant le nez, la gorge, l’entreprise et la vitesse, ils préconisaient l’oreille demi-longue. Ils n’ignoraient pas qu’en la raccourcissant trop ou en l’allongeant à l’excès, on risquait de compromettre le bon équilibre dans l’ensemble des qualités nécessaires à un vrai bon chien courant à courre et à tir« .

L’oreille demi-longue comme optimum. Ni trop courte, ni trop longue. Un équilibre subtil entre vitesse et qualités olfactives, entre rapidité et finesse de nez.

Et nos Artois dans tout ça ?

Le standard du Chien d’Artois décrit des oreilles en forme de feuille de vigne, attachées assez haut, plates et tombantes, d’une longueur modérée. Un profil qui correspond assez bien à cette oreille demi-longue préconisée par les anciens.

La question que pose ce sujet est donc la suivante : lors de nos sélections, accordons-nous à l’oreille l’attention qu’elle mérite vraiment ? La regardons-nous seulement comme un critère esthétique du standard, ou comme un indicateur fonctionnel de ce que sera le comportement du sujet à la chasse ? La réponse n’est pas simple. Mais la question vaut la peine d’être posée, et observée sur le terrain. Partagez vos observations ci-dessous.

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